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Vague à larme

Le 15 janvier 2014, 18:04 dans Humeurs 0

Il promenait son regard resté bleu parmi les gens et leurs choses,

Comme l’on promène son chien, le laissant délibérément s’attarder,

musarder, renifler dans les coins et lever la patte.

Pas du tout le regard d’un gosse de son âge. Plutôt celui d’un vieux

Gosse, qui n’a pourtant pas encore vu beaucoup mais qui déjà subodore.

Un vilain dimanche de noviembre, ciel au bord du déluge, arbres squelettiques, petit vent qui cherche l’averse. Désagréable.

Dans le pavillon, une indolente ambiance casanière, propre d’un après-midi au coin du feu.

- Maman, pourquoi tu pleures ?

Même le bois dans l’âtre cessa de crépiter. La question avait fusé, aussi innocente qu’inattendue. Tandis que papa abaissait son journal, maman, incrédule, ouvrait des yeux ébahis.

- Ben enfin, Didier… En voilà une drôle de question! Tu vois bien que je ne pleure pas ! Allons, viens un peu là vers moi, viens !

Didier, 7 ans, s’installa sur les genoux de sa mère et se pelotonnant au creux de l’épaule parfumée confirma :

- Je sais que tu pleures.

Là, le père, sourcils froncés, replia son journal et se leva pour venir s’acroupir,

le dos à la cheminée et entourer de ses bras sa petite famille.

-Voyons un peu, Didier, pourquoi crois-tu que Maman elle pleure ? Regarde,

il n’y a pas de larmes, en plus, Maman elle sourit, pas vrai chérie ?

- Les larmes, pour pleurer, c’est pas obligé.

- Ça veut dire quoi ça, “les larmes pour pleurer c’est pas obligé” ?

moi j'ai jamais vu quelqu'un pleurer sans les larmes...

- Non! Les larmes c'est seulement quand on veut un câlin, autrement,  y a pas de larmes. Et Maman, ça fait rien si elle a pas les larmes, moi je sais qu'elle pleure.

Après Socrate et Nietzsche, la philo en culottes courtes, Freud et son nounours ! Adieu l'enfance et bonjour les emmerdes !

C'était comme dans la séquence-clé d'un film, où le môme dit des choses trop intelligentes rapport  à son âge pour que le spectateur avale la pillule.

Pourtant, le petit génie était bel et bien là, la joue sur la poitrine de sa mère, les yeux levés vers elle, le front buté, éxigeant  une

réponse au pavé qu’il venait de jeter dans la mare de son inconscient. Signe des temps, cygne d’étang…

 

Et telle la vase qui sous l’impact trouble l’eau dormante, telles les rides qui importunent les nénuphars, le regard maternel, d’habitude si serein , se troubla lui aussi. Le temps que mettent les vagues à mourir, que met le noeud à se défaire dans la gorge, le couteau à se retirer de la plaie, l’esprit à quitter le rêve,la pensé, le coeur gros à reprendre sa taille et une larme, une larme à glisser sur la joue….

 

Un vilain dimanche.

                          d'Alex&er

Féminine Singulière Un poème d'Alex&er

Le 11 janvier 2014, 18:43 dans Humeurs 0

FÉMININE   SINGULIÈRE    

 

L’herbe  haute qui ondule sous le vent de Juin,  

une main délicate qui retient le chapeau mutin

Prêt à s’envoler comme un fétu  de paille.

Rires en cascades, robes serrées à la taille,

Féminine singulière,  tu balades  ton adolescence

Entre les sentes des guerres d’un coeur  et celles de l’innocence.

                                         Les week-ends entiers qui se passent à étudier,

                                         Les années qui commencent à se compter à coups d’étés,

                                         Les charmes qui se nourrissent des yeux  et puis oublient,

                                         Les armes, dont le corps et l’esprit  se sont finalement  nanti,

                                         Féminine singulière  dans le geste et le regard,

                                         Tu te fais désirable telle un papillon rare.

Puis soudain les ans se révèlent à coups d’hivers,

Les rires devenus sourires ne se gaspillent plus comme hier,

Les  amours  auxquels  on aurait voulu succomber,

Un baiser et  tout un monde qui s’arrête de tourner,

Féminine singulière,tu libères le cours de tes pensées

Et suspends tes péchés dans ta garde-robe privée.

                                          Les  premiers chagrins, la Saint Valentin,

                                          Le premier chez-soi que l’on peint avec les copains,

                                          La clé des champs qui s’accroche au trousseau de la vie,

                                          Le premier coup de fil pour rassurer la famille,

                                          Féminine singulière , tu plantes des fleurs

                                          Pour tromper tes angoisses au fil de ton bonheur.

Tandis que l’amour finit de ronger la raison,

Ecrivant son nom sur le portail de la maison,

Le destin, blotti en son sein, offre un autre sens

Et une belle histoire à la Première  d’une nouvelle existence.

Féminine singulière, l’anxiété de ta douce maternité

Cède le pas à l’aube de la maturité.

                                            Puis vient le temps du vieux sablier,

                                            L’herbe haute sous le vent est restée pliée,

                                            Les copains ont cessé d’envahir la maison

                                            Et les sens de compter les saisons.

                                            De Vénus tu resteras l’étrange héritière,

                                            Toujours féminine, toujours singulière.

 

                                                                                                           

 

Bonjour l'humour de nos jours ! Lettre ouverte à Laurent Ruquier.

Le 30 octobre 2013, 18:37 dans Humeurs 0

Lettre ouverte à l’attention de Mr. Laurent Ruquier, un des humoristes 
actuels préférés des Français.

Bonjour Laurent,  Ce dernier samedi 26 Octobre 2013 au soir, lors d’une 
retransmission sur TV5 Monde de votre spectacle de sketchs humoristiques, 
présenté depuis le Casino de Paris et que j’ai regardé  durant une bonne heure,
j’ai été incité à vous faire parvenir cette lettre ouverte. 

Voyez-vous, depuis très longtemps, votre sens de l'humour et votre indiscutable talent fait la une de ma télévision. Sans badigeonner! Et je suis persuadé que vous reconnaîtrez certainement que les humoristes d'antan étaient d'un autre genre et que c'étaient des véritables professionnels qui harpentaient la scène tandis que le public se tordait de rire. Il's s'appelaient Bedos, Devos etc  et avant, Raynaud, Lamoureux. Des pointures inégalables, c'est évident, mais de là, aujourd'hui, à des propositions humoristiques super gueulardes et complètement débiles, d'un niveau aux raz des truffes  et un accès aussi pauvre à la reconnaissance d'un public complice à souhait (c'est même lui qui devrait encaisser le cachet) Non ! 
Alors on éteint  et on fout le camp ! 
Quant à moi, je vous remercie d'avoir lu cette lettre, si elle vous parvient, et me réjouis de vous revoir bientôt en scène.
Cordialement vôtre.

            Alex.  Alex&er / Focussurlemonde

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